Le salon VOATRA 2016, une 4ème édition sous le signe du bambou !

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Le salon VOATRA 2016 a eu lieu du 8 au 10 septembre dernier, à Analakely. Pour cette 4ème édition du salon de la créativité, c’est le bambou qui était à l’honneur, avec pour thème « Le bambou, ressource stratégique pour un développement durable ».

Cet événement a été l’occasion pour les différents acteurs de la filière bambou issus de la région Analamanga de se concerter et de partager leurs réflexions et stratégies afin de mieux valoriser cette dernière. Par ailleurs, il a permis de sensibiliser et d’informer le grand public sur les multiples avantages et possibilités d’utilisation de cette ressource encore mal exploitée à Madagascar.

salon voatra 2016
Le bambou et ses différentes utilisations. Ici, des meubles en bambou

Le bambou, l’or vert du futur



L’exploitation du bambou à Madagascar n’en est qu’à ses balbutiements, malgré ses multiples vertus. Depuis 2013, le Programme de soutien aux pôles des entreprises rurales et aux économies régionales (Prosperer) et l’International network for bamboo and rattan (Inbar) n’ont pas ménagé leurs efforts dans plusieurs zones de l’île dans le but de mieux structurer la filière.

Il est important de noter que l’objectif principal de la tenue de ce salon VOATRA 2016 consistait à démontrer les bienfaits apportés par une normalisation du secteur auprès des communautés. Au sein de ces dernières, les experts anticipent une forte croissance économique de la filière. Ce phénomène créera de la richesse qui se répercutera sur le niveau de vie des principaux acteurs, notamment les micros et petites entreprises rurales.

salon voatra 2016 huiles essentielles
De nombreuses microentreprises locales

Les différentes utilisations

Le salon VOATRA 2016 a donné l’opportunité au grand public de se familiariser avec les nombreuses facettes du bambou. Nous avons pu ainsi découvrir qu’au delà de ses utilisations les plus répandues telles que dans l’alimentation, les instruments de musique et le mobilier, il constitue une matière première de choix dans les domaines de l’énergie, de la construction et du fourrage pour bétail.

D’après les propos d’Andrianjaka Rajaonarison, coordinateur national de l’Inbar, le bambou « peut se substituer à la moitié du charbon utilisé dans une centrale électrique ou une chaudière industrielle, sans exiger la moindre modification technique ». Une étude menée par des chercheurs Chinois soutient même son importance dans la production d’électricité et de chaleur, ce qui en fait une alternative à la déforestation, si son exploitation est soutenable.

Le bambou représente aussi une fantastique opportunité pour le secteur de la construction. Les lamelles sont actuellement très prisées sur les marchés Européens et Indiens. À titre d’exemple, l’Inde a souhaité commander 120.000 tonnes de lamelles par an, mais malheureusement les capacités de production nationales ne sont pas suffisantes.

salon voatra 2016 instruments de musique
Instruments de musique faits en bambou

Une filière prometteuse et innovante

Le salon VOATRA 2016 a été un espace d’échanges privilégié pour les artisans et professionnels du « Vita Malagasy ». Cet événement leur a donné l’opportunité de montrer leurs travaux au grand jour.

De la sorte, nous avons pu découvrir la diversité des acteurs opérant déjà dans la filière bambou. Outre les entreprises qui exploitent la précieuse ressource dans les domaines mentionnés précédemment, il en existe d’autres, spécialisées dans le commerce et le conseil (Établissements Faly Export, par exemple) ou encore dans les biotechnologies (Les Établissements Robens ont plus de 20 ans d’expérience, le laboratoire K-Agri qui en est un partenaire est quant à lui spécialisé dans la production de cultures In-vitro et dans la Micropropagation).

Des ONG (Fagnarina) et établissements éducatifs (BCPTC) qui ont déjà compris son importance à long terme, œuvrent dans la formation et la sensibilisation des protagonistes de demain.

Salon voatra 2016 produits hygiène
Produits d’hygiène à base de plantes

Un travail qui porte ses fruits

Le développement de la filière est un processus de moyen et long terme. Toujours selon les propos d’Andrianjaka Rajaonarison, il est impératif accroître « la disponibilité des bambous dans l’immédiat, mais aussi de moderniser et structurer le secteur à long terme ».

Le secteur a déjà attiré l’attention des bailleurs de fonds. L’Union Européenne notamment a octroyé un financement de 2 millions d’Euros à Madagascar. Le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et l’Inbar cofinancent aussi la promotion de la filière dans le pays.

Les résultats sur le terrain peuvent déjà être constatés :

  • 292 822 jeunes plants répartis sur une surface de 105 hectares
  • 937 pépiniéristes planteurs dont 145 actuellement installés
  • Création de 7 dômes de charbon
  • Formation de 230 micro-entreprises rurales à la production de charbon

À titre d’information, il existe dans le monde environ 1 200 espèces de bambous, dont 32 endémiques à Madagascar.

L’artisanat, un secteur nécessitant plus d’appuis



Des efforts louables mais insuffisants

Le salon VOATRA 2016 a permis avant-tout aux participants d’exposer le fruit de leur créativité au grand bonheur des visiteurs venus en masse. Les petites et moyennes entreprises ayant eu l’honneur d’être présélectionnées ont bénéficié de formations notamment en créations de produits et en packaging.

Ce type d’initiatives est particulièrement intéressant car il permet de pallier certaines faiblesses de la filière. Selon Hans Ranaivoson, formateur en création et en packaging, les produits artisanaux, en effet, « n’ont pas réellement évolué ces 20 dernières années. »

Pour cette édition, les organisateurs ont aussi eu l’intéressante idée de regrouper certains stands par districts. Le district de Manjakandriana a été le plus représenté avec 5 stands. Celui d’Avaradrano l’a été avec 3 stands. Andramasina avec 2 et un seul et unique pour Ambohidratrimo. Les produits exposés concernaient des domaines variés comme la boiserie, le tissage, la vannerie, la broderie, etc.

salon voatra 2016 ambohidratrimo
Les secteurs productifs rangés par district. Ici, Ambohidratrimo

Il est important de mentionner que la tenue d’événements de ce genre est primordiale pour ces artisans car ces derniers leur apportent plus de visibilité. Des efforts restent donc à faire de la part de l’administration et des autorités compétentes pour permettre à ce secteur d’être pleinement reconnu dans l’économie et la culture Malgache.

Des partenaires convaincus et impliqués

Un événement d’une telle ampleur n’aurait bien sûr pas eu lieu sans le précieux soutien de ses partenaires. Nous avons ainsi pu apercevoir dans l’espace B to B une grande entreprise locale (TAF), une agence de microfinance et des organismes (CENAM, Centre de gestion agréé Analamanga, Otiv Tana, CCIA). Chacun étant de près ou de loin en contact avec les multiples acteurs du secteur de l’artisanat, leur présence a constitué une aide importante aussi bien pour les entreprises que pour les simples curieux.

Le salon VOATRA 2016, un événement familial réussi



Cet événement n’a pas été uniquement conçu pour les professionnels ou amateurs d’artisanat. Il a été aussi une formidable occasion pour les familles et touristes venus en nombre d’apprécier le spectacle.

Des artistes très connus comme Gothlieb ou bien Francis Turbo ont pu ainsi divertir l’audience. Il arrivait même de temps à autre qu’ils fassent le tour des stands pour présenter leurs produits, ou encore interroger des personnes au hasard afin d’obtenir leurs appréciations sur le salon.

Gothlieb au Salon Voatra 2016
Gothlieb au Salon Voatra 2016

Les fins gourmets ont aussi dégusté de délicieux Koba, des gâteaux à base de manioc, des friandises à base de sésame et des produits du terroir.

L’afflux enregistré lors de cette dernière édition a été plus qu’encourageant pour les organisateurs et devrait être une source de motivation supplémentaire pour la prochaine édition.



3 Commentaires

  1. Aza miteniteny foana ry namana Saranto ah!

    1_ « Produits d’hygiène à base de bambou » … sérieusement?
    J’étais parmi les organisateur du salon et je peux vous dire qu’aucun de ces « produits d’hygiène » n’étaient à base de bambou!

    2_ Francis Turbo n’était pas parmi les artistes qui ont animé le salon.

    La prochaine fois que vous rédigerez un article, vérifiez au moins vos sources .. ou mieux, bougez-vous de votre chaise et effectuez une descente sur le terrain au lieu de raconter n’importe quoi!

  2. Cher Monsieur Bandy Akama,

    J’aimerais préciser que cet article concerne le salon VOATRA dans son ensemble, et non uniquement le bambou.

    Premièrement, si vous faisiez preuve d’un peu de bonne foi et d’intelligence, vous pourriez apercevoir concernant les produits d’hygiène qu’ils sont à base de « plantes » et non à base de « bambou ».

    Deuxièmement, je me suis bien « bougé » de ma chaise et me suis rendu sur place le Samedi après-midi, j’ai pris moi – même une trentaine de photos, parmi elles, celles qui sont publiées avec cet article.

    Dernièrement, j’ai bien entendu Monsieur Francis Turbo intervenir au micro derrière la scène, et son nom a ensuite été mentionné par les « intervenants ».

    Je vous remercie de votre compréhension!

  3. Bonjour,
    Je suis Monsieur Olivier BANGALA BOLIMAKA à KISANGANI en République Démocratique du Congo
    Je sollicite votre soutien pour l’implantation d’une plateforme qui sensibilisera la population sur l’utilisation du bambou dans notre
    pays car il n’y en a pas.

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